Clochers dans la brume

Rêve - Poème

Thomas Bourdier - Ajouté le 22/04/2011 à 19:12

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    Par un matin d'été

    Comme soufflait la bise

    Et que s'étendait, calme

    La mer

    Le bruit de nos pieds nus

    Frôlant la mousse humide

    M'apparut

    Comme à travers la robe

    Racée d'un vieux vin

    Ou le vitrail usé

    D'une grande cathédrale

     

    Comme quand les clochers

    A l'horizon dessinent

    Leurs formes singulières

    Et que dans le brouillard

    Nous ne distinguons guère

    Que des lambeaux de rêve

     

    Lorsqu'il pleut

    Soudain

    L'eau coule

    S'étend, ruisselle

    A travers les vallées.

    Elle franchit les collines

    Les bois et les forêts.

    Elle dort aussi, parfois. Et le soir venu,

    Elle chuchote

    A l'oreille

    Des pierres.

     

    De même le cœur des hommes

    Est comme de l'eau de pluie

    Comme un clocher d'ardoise

    Dans la brume d'été.

     

    Il s'étend et ruisselle

    Dans l'océan salé.

    De même certes,

    Nos passions nous dévorent

    Mais parfois un matin

    Le jour nous inonde

    Comme un vent de rosée

    Et puisque

    Comme Ulysse

    Nous sommes des errants,

    La route est longue, hélas

    Et nombreux les obstacles.

    Tant de malins cyclopes

    De rusées magiciennes

    Sur nos routes creusées

    De trous gorgés d'épines.

    Tant de clochers dressés

    Sur nos chemins brouillés.

     

    Nous passons

    Mais nous aimons nous attarder

    Et contempler le ciel

    Plonger notre regard

    Anxieux et affamé

    Dans celui des étoiles

    Qui peuplent le cosmos

    De perles d'obsidienne

    Comme de lointains volcans

     

    Comme les clochers

    Qui au loin se dessinent

    Dans la brume d'été.

     

    Car non

    Certes les hommes

    N'ont pas les yeux des aigles

    Eux qui tutoient les Dieux

    Du haut de leurs sommets

    Ils n'ont pas le sang froid

    Des nochalents reptiles

    Ni même

    L'élégance fragile

    Des longues araignées.

     

    Mais

    Leurs âmes peuvent espérer

    Un jour toucher le ciel

    Comme un clocher d'ardoise

    S'étend dans le levant

    Et par l'aube nouvelle

    S'accomplit en chantant.

    Alors rien n'est plus beau

    Que l'air frais du matin

    Sur nos vieux visages

    Qui par trop ridés

    Ont connus les naufrages

    De notre humanité.

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