Le Galet et la Rocaille

Sagesse - Conte et fable

Lézard des Dunes - Ajouté le 26/12/2011 à 19:49

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    Le Galet et la Rocaille

     

    Il était une fois, posés dans le creux d'un lit d'une petite rivière de montage qui se déversait dans un immense lac sombre et profond comme la nuit, un Galet et une Rocaille.

     

    Le Galet était grand et plat. Rond et doux comme la Lune, sans angles, arrondi et totalement lisse.

     

    La Rocaille quand à elle, était brut et épaisse, aux faces plates et aux arrêtes tranchantes. Difforme tant dans l'aspect de sa roche que dans sa couleur, au mélange de milles et une formes indistinctes de petits cristaux et éclats de quartz qui lui donnaient un aspect rugueux et dur sur lesquelles venaient s'accrocher divers débris charriés par les eaux et nombre de mousses et de lichens.

     

    Le Galet, part sa rondeur, peinait sans mal à supporter le doux courant qui passait comme une caresse sur sa surface sans aspérités. Alors que la Rocaille prenait le moindre petit remoud comme une forte vague tant son corps était irrégulier.

     

    Un jour d'Été, le Galet dit ceci à la Rocaille :

     

    « Ah, Rocaille ! Qu'il est bon de sentir sur sa peau lisse le doux filet de l'eau tiède. Toi cependant, tes imperfections, tes cabosses et tes coins pointus ne te permettent pas de jouir de ce confort. Pourquoi ne veux-tu pas devenir un Galet ? »

     

    Mais la Rocaille ne répondit rien.

     

    Un jour d'automne, le Galet dit à la Rocaille d'une voix moqueuse:

     

    « Hé, Rocaille ! Ne te sens-tu donc pas maudit à subir comme cela les aléas des courants alors que mon corps et ma peau lisse sont gages de douceur ? Ne voudrais tu pas toi aussi faire comme moi et laisser le courant de la rivière polir tes imperfections, tes cabosses et tes coins pointus ? »

     

    Mais, encore une fois, la Rocaille ne répondit pas aux provocations du Galet.

     

    Un jour d'hiver, le Galet lança à la Rocaille:

     

    « Hé toi là ! Tu devrais peut-être penser à faire comme tout le monde en laissant la rivière polir tes cabosses, tes angles et tes faces rugueuses. Car cela nous éviterait de recevoir de plein fouet les remouds causé par ton aspect difforme !»

     

    Mais, encore une fois, la Rocaille ne répondit pas, et le Galet décida à l’avenir de ne plus adresser la parole à ce bout de roche que rien ne semblait troubler.

     

    Puis les jours de printemps arrivèrent, avec leur soleil timide et la fonte des neiges hivernales.

     

    Et cette année là, le printemps fut si chaud que les neiges des monts et les glaciers fondirent comme jamais auparavant, laissant s’écouler sur le flanc de la montagne l’eau tumultueuse de leur temps de gel.

     

    Ainsi, le courant de la petite rivière grossit, grossit et grossit encore. A tel point qu’elle se transforma en un flot d’eau rageuse et bouillonnante.

    Le Galet face au tumulte ne pouvait pas à résister, malgré sa peau lisse et ses bords polis. Tant il était rond et léger, la rivière l’entraînait roulé-boulant vers l’immensité obscure du lac de la vallée.

     

    Avant d'être emporté par les flots, le Galet, épuisé de lutter, demanda à la Rocaille comment elle pouvait rester si stoïque face à la rage des éléments.

     

    Et la Rocaille lui dit ceci :

     

    « Vois-tu, ami Galet. Contrairement à toi, je n’ai pas laissé la rivière polir mon corps. J’ai gardé mes bords, mes bouts pointus, mes bosses tordues, ma forme lourde et biscornue. Quand le flot est doux, il me frappe perpétuellement, car je suis un obstacle bien inconfortable. Mais quand la tempête gronde, je suis le seul à résister à sa colère, car mes bords pointus, mes bosses tordues et ma forme lourde et biscornue sont autant de raisons pour rester inébranlable dans cette rivière en fureur. Tandis que toi, petit galet qui ce vantait d'être bercé avec nonchalance par le courant des jours paisibles, tu es emporté par le changement lorsque ce courant doux devient torrent. »

     

    Sur ces mots, la Rocaille resta silencieuse tout en regardant le Galet se laisser entraîner par les flots.

     

    Signé Lézard des Dunes © 2011

     

Tags :Fable, Morale, Différence

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Commentaires (1)

Rooney_mara_dessin_54

fleche

Par Lézard des Dunes | il y a 5 mois

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