Un kilomètre à pied....

Enfance - Autre

ristretto - Ajouté le 03/09/2010 à 21:15

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    Dans les creux chemins angevins, l'été s'étire sans vergogne.

    Aux heures les plus chaudes, nous battons la campagne, courses folles avec tous les cousins.

    Du hameau d'Aigrefeuille jusqu'au moulin Moreau, du haut des coteaux ronds jusqu'aux rives de la Boire, nous sommes aventuriers, pionniers, châtelains arpentant nos terres.

    La Loire lézarde de banc de sable en banc de sable

    Et nous, fiers écervelés, crions victoire à chaque traversée – aucune légende de sables mouvants ne sauraient apeurer nos jeunesses effrontées

    À l'heure du goûter, tout perlés de sueur, nous - valeureux chevaliers – réclamons tartines et chocolat en récompense de nos exploits : n'avons nous pas terrassé le monstre troglodyte du village de Liré ?

    Seule, la route de La Galoire apaise nos pas. En haut de la colline, la chapelle.  Tout au long du parcours, nous cueillons avec application des brassées de fleurs sauvages. Avec respect – et sans doute aussi par crainte du regard divin- nous faisons le ménage, changeons les bouquets, chassons les toiles d’araignées, et nous rallumons les bougies de l’autel.

    Nous chuchotons.

    Juste avant de refermer la porte, nous tentons de percer le mystère de la statue aux pieds piquetés de petits trous. Qu’exauce-t-elle déjà ?  Trouver un fiancé –  le prince charmant  - ou bien de nombreux enfants (énigme encore plus difficile) …

    Nous sommes sûrs que par ce rituel Dieu pardonnera tous nos petits pêchés : le vol des framboises dans le jardin voisin, nos abus de friandises, les langues tirées dans le dos du curé…

    Au soir, nos jeunes jambes en redemandent. Aussi nous acceptons avec enthousiasme de chercher le lait à la ferme à l’autre bout du village.

    Les ruelles paisibles résonnent de nos rires et de nos chants.

    L’été s’étire.

    Puis, sans avertir, septembre sonne à la porte. Comme un facteur à la triste figure.

    Mon cartable lourd comme un cheval mort, les pieds broyés par les souliers tout neufs, je trébuche, je traine, je peine à parcourir un si triste chemin.

Tags :Rentrée, été, Chemin

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Commentaires (8)

Auton529-44105_54

fleche

Par ristretto | il y a plus d'un an

bonsoir Gisèle ... juste quelques souvenirs
l'arrivée prochaine de l'automne fait souvent revenir la nostalgie :-)
merci

Abus

Bambou_54

fleche

Par | il y a plus d'un an

C'est magnifique!

Abus

Photo_du_32666072-01-___09

fleche

Par jones | il y a plus d'un an

Ristretto, c'est très beau. J'adore la fin qui vient offrir un contrepoint sans équivoque aux douceurs de la campagne angevine en été. C'est plein d'odeurs, d'images, de sensations. C'est vraiment très beau. Merci et à bientôt.

Abus

Sophprofil_54

fleche

Par SophieA | il y a plus d'un an

je peux sentir le poids du cartable...

Abus

Mots2_54

fleche

Par Joelle Eymery | il y a plus d'un an

Les souvenirs d'enfance ... les plus beaux ! J'ai envie de sucer mon pouce et, en fermant les yeux, je vous suis dans vos petites incartades ... j'aime beaucoup ce texte !

Abus

Manegeenchante06_54

fleche

Par PolluxLesiak | il y a plus d'un an

J'adore cette authenticité - si ce sont bien des souvenirs ! sinon chapeau pour le faire croire ... :-)
Tu devrais envoyer ton texte à la revue des 100 voix (http://larevued100voix.canalblog.com/), c'est exactement ce qu'ils recherchent ...

Abus

Soucoupe_volante_couleurs_54

fleche

Par Bibine Poivron | il y a plus d'un an

Que dire devant tant de douceur Ristretto ? J'adore. Tout simplement.

Abus

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