BRUGES LA MORTE

Ville - Parole de chanson

aglouzab - Ajouté le 14/02/2012 à 01:39

Lire

Noter

84 lectures


Loading

    BRUGES LA MORTE

     

    J’ai les pignons usés

    D’une ville étrangère

    Par le sang infusé

    Au velours des lingères,

     

    Tandis que je recueille

    A l’été les touristes,

    Indignes du cercueil

    Qu'offre mon âme triste.

     

    Cependant que la bruine

    Me fait les oripeaux

    D’une cité en ruine

    Au parfum de tripot,

     

    J’en palpite en silence,

    Rêvant d’un Moyen-âge

    Bercé d’indifférence

    Au goût de grand ménage.

     

    Muettes sont les pierres

    Grisâtres qu’on emporte

    Et ne suis pas d’hier

    Bruges que l’on dit morte.

     

    Les trouvères aux bardes

    Ont succédé hier

    Sous ma plume blafarde,

    A la triste lumière

     

    Que jadis les vents d’ouest

    Ont soufflé au grand large

    Et sous laquelle on reste

    Toujours un peu en marge.

     

    Je veux que l'on vénère

    Ma déchéance exquise

    Ainsi que l'on enterre

    De précieuses marquises :

     

    Moi qui suis solitaire,

    J’ai parfois l'intuition

    D'un destin militaire

    Dépourvu de mission.

     

    Muettes sont les pierres

    Grisâtres qu’on emporte

    Et ne suis pas d’hier

    Bruges que l’on dit morte.

     

    Mes pavés sont offerts

    Aux quatre vents du diable

    Et je veux mettre aux fers

    Tous ces gens détestables

     

    Qui viennent cependant

    Qu’ils tirent par la queue

    Ce diable prétendant

    A quelque goût aqueux.

     

    Je ne serai bientôt

    Qu’un triste souvenir,

    Une amie de tantôt

    Dépourvue d’avenir

     

    Et mes canaux moisis

    Pourriront l’atmosphère

    De remugles choisis

    Par le vent de l’enfer.

     

    Muettes sont les pierres

    Grisâtres qu’on emporte

    Et ne suis pas d’hier

    Bruges que l’on dit morte.

Tags :

Musiques liées

Aucune chanson liée.

Photos liées

Aucune photo liée.

Vidéos liées

Aucune vidéo liée.

Commentaires (6)

Pascal_3_54

fleche

Par Pascal GERMANAUD | il y a 3 mois

Bravo, Aglou!
Ecrit avec la même veine que "Le Plat Pays" du Grand Jacques et les décors, l'atmosphère du film "Bons baisers de Bruges" !-)
Enormes coups de COEURS et il n'y en a pas assez !!!

Abus

B3_54

fleche

Par janteloven | il y a 3 mois

"grisâtres qu'on emporte..." sublime...

Abus

Img_0122__1__54

fleche

Par aglouzab | il y a 3 mois

Merci à vous deux ! J'ai modifié quelques vers à l'instant pour l'améliorer

Abus

Pascal_3_54

fleche

Par Pascal GERMANAUD | il y a 3 mois

En effet et tu en as rajoutés, me semble-t-il ?
Encore bravo, Aglou !!!

Abus

Img_0122__1__54

fleche

Par aglouzab | il y a 3 mois

Je n'en ai pas rajouté mais substitué certains vers à d'autres. Encore merci, mon Bruant cybernétique !!!

Abus

Pascal_3_54

fleche

Par Pascal GERMANAUD | il y a 3 mois

Autant pour moi !-)

Abus

Son profil

Img_0122__1__54

aglouzab

Auteur

BOULOGNE-BILLANCOURT


Contacter

Ses autres textes