Ceteris paribus

Société - Essai

stef - Ajouté le 13/01/2012 à 09:30

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    Taxer les banques ou les transactions bancaires, sous prétexte que les flux financiers seraient la cause de la crise économique actuelle, est une action basée sur une idéologie, idéologie qui prend pour lien de causalité total une liaison partielle entre deux évènements (les marchés financiers et la crise). Or dans le cas présent, la cause essentielle de la crise actuelle est la défaillance des états à réglementer (elle-même due aux idéologies néolibérales, aux idées en vogue dans la société, etc.) Du coup, taxer l’activité des banques de marché mènerait celles-ci à délocaliser leur activité, aggravant par là même le chômage.

    D’ailleurs même si cette solution pouvait être envisagée de façon globale, alors l’arbitrage* entre produits financiers aurait moins lieu, et l’on se retrouverait avec un écart plus important entre le prix de l’offre et celui de la demande, ce qui veut dire, par exemple, pour les taux d’intérêt, que le taux d’emprunt serait, ceteris paribus, beaucoup plus élevé qu’il ne l’est maintenant, et que le taux auquel on prête serait beaucoup plus bas (on risquerait de se retrouver dans une situation ou quelques banquiers richissimes détiendraient le monopole de l’activité financière, avec une opacité totale des prix et de la qualité des actifs, comme avant la fin du dix-neuvième siècle). Ceci, à son tour, serait préjudiciable à la consommation, à l’investissement, et donc à l’activité économique, induisant plus de chômage.

    Cet exemple montre comment, en voulant régler un problème sur la base d’un lien partiel pris pour une causalité totale entre deux évènements, non seulement le problème n’est pas réglé, mais il est aggravé.

     

     *arbitrage: l'arbitrage consiste à acheter à moindre prix pour revendre à un prix plus élevé. Ce processus mène à réduire l'écart entre le le prix de vente et le prix d'achat, et fait qu'un produit quelconque est au meilleurs prix.

     

Tags :Lien partiel causalité totale

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Commentaires (8)

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fleche

Par tendresse | il y a 4 mois

coup de coeur du matin : je n'y connais pas grand chos là dessus mais si tu l'écris...!

Abus

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fleche

Par jones | il y a 4 mois

C'est un peu technique, j'en comprends les grands principes mais j'ai un peu de mal avec les subtilités du raisonnement économique. Dans ce domaine, je suis très impressionné par un économiste structuraliste comme F. Lordon. J'aime sa façon de simplifier ou plutôt de ramener des mécanismes complexes à des fonctionnements simples parce que dans cette situation comme dans beaucoup d'autres, le verbiage et le jargonnage technique ont souvent pour effet de décourager le plus motivé des lecteurs béotiens.
Pour le moins, en ce qui concerne la dix-neuvièmisation de notre société, je pense qu'on y est en plein... :(

Abus

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fleche

Par Mathieu Jaegert | il y a 4 mois

De mon point de vue béotien comme dirait jones, il est important de taxer certaines transactions...mais sous un autre prétexte. On réglera pas là la "crise" qui profite quand-même à pas mal de monde. Le point important serait que les politiques avouent qu'elle dépasse un minimum leurs compétences...

Abus

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fleche

Par seb365 | il y a 4 mois

bonne leçon ! Mais l'économie et moi... par contre tant qu'il y aura un déficit important de valeurs dans ce système, on pourra mettre en place n'importe quelle mesure, ça ne changera puisque comme me l'avait confié un avocat : "toute loi est faite pour être contournée !!!" A mon sens, c'est bien un problème valeurs qui sous-tend cette machinerie infernale ! On n'est pas rendu pour les diffuser à l'échelle planétaire. Mais cela dit j'ai bien appris. Merci

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Abus

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fleche

Par stef | il y a 4 mois

Merci à tous pour vos commentaires éclairés. A Seb365: voir mon commentaire sur ton magnifique texte "Il manifesto".

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Abus

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fleche

Par Chris Toffans | il y a 4 mois

Je ne maîtrise pas non plus très bien le sujet mais je crois comprendre que l'Idée de taxer les transactions financières est une idée qui fait vendre. Je veux dire par là qu'elle peut rapporter gros, en matière de bulletins électoraux...

Abus

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fleche

Par Dominique Arnaud | il y a 4 mois

Réflexion très intéressante, Stef. J'ajouterai qu'en politique, il est malséant de faire trop de réformes en fin de mandat, ce qui ressemble à la politique de la terre brûlée, ou à un "après moi, le déluge !"

Abus

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fleche

Par Arthur Roubignolle | il y a 4 mois

Les économistes qui pronent cette taxation, Tobin et avant lui Keynes, sont pour le libre échange. Je pense qu'ils ont voulus par cette idée, donner des moyens aux états de faire face aux attaques du marché. Les spéculateurs ne s'embarassent pas de savoir quelles seront les conséquences de leurs actions sur l'économie, sur les hommes et cela fait des ravages partout dans le monde. Le problème est politique, volonté ou non des états de revenir à une règlementation;je ne crois pas que le fait de taxer de façon infime (o,7%) par exemple gènerait le libre-échange.Mais dans un monde ou on préfère sacrifier des vies pour gagner ne serait-ce que o, o1 % de plues-values, tant la lutte est âpre entre-ceux qui se partagent le monde, c'est pas gagné!

Abus

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