Faux semblants

Quotidien - Pensée

Déchaînons-nous - Ajouté le 03/10/2012 à 09:35

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    J'ai perdu la face en lui tournant le dos, pourtant elle était là, à deux pas de mes ennuis et prête à retirer du mal au mal qui m'accaparait.

     Peut-être, que l'être de peu que j'étais, en avait assez de courir après le bonheur qui était à portée de ses mains.

     Peut-être, que peu d'êtres voient vraiment ce dont ils parlent. Parler doit rendre aveugle, et joindre le geste à la parole, nous immobilise dans de vagues certitudes.

     Toutes ces vagues certitudes ont formé un océan de chimères qui m'ont isolé dans un monde de silence faisant échos à des pensées vides de sens.

     Tout ce trop-plein de manque faisait tâche d'encre sur la page qui m'avait donné sa virginité. Son empreinte m' éternisait dans une absolue nécessité de vider le sac de mon existence.

     J'ai franchi le mur du silence, les murmures ont commencé à dessiner leurs arabesques calligraphiques. Je pouvais enfin lire l'histoire d'une vie sans réalité au travers de ses hiéroglyphes qui se marbraient dans la pierre.

     Les codes n'ont pas changé, la lecture est indécise et imprécise,  mais l'accoutumance à  l'écriture est devenue la fidèle compagne de ma solitude. Au fil de la plume se trame une indescriptible jouissance solitaire.

     Jour après jour, à contre-jour d'illuminations incandescentes, la fontaine des maux s'épanchait de son sérum de contre vérité, et racontait toute cette infortune indécente. Les mots cherchaient en vain leur signification dans un horizon futur.

     Faute de belles pages, l'imagination s'enorgueillit de son inculture et puisa dans l'inconscient de son indifférence, la force de paraitre sans apparat.  Tel que je suis, je serais ?  tel que je serai je me survivrai !

     Tu m'as séduit, tu me transcendes, ton encre coule dans mes veines, les pores de ma peau respirent les pensées du mal, mes doigts pianotent mon âme qui se délie.Tu guides ma main, tu es ma douce solitude qui me dicte, m'addicte, et me couche sur le kaolin de ma pale vérité.

Commentaires (11)

Egon_schiele_54

fleche

Par Reverrance | il y a 8 mois

Au-delà de cette mal-assurance, j'y vois un "pale" reflet des maîtres en la matière qui cent fois sur l'ouvrage se sont envolés... Si l'élève suit la maîtresse de maison cela ne peut que me réjouir ...
cdc et partage

Abus

B3_54

fleche

Par janteloven | il y a 8 mois

Excellent, merci pour le partage.

Abus

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fleche

Par Frédéric Clément | il y a 8 mois

Une plume qui martelle et qui scande. Très prenant!
Merci Reverrance pour ce partage.

Abus

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fleche

Par pawel reklewski | il y a 8 mois

joli ça !

Abus

Sdc15066_54

fleche

Par Mathieu | il y a 8 mois

Oui, ce rapport à l'écrit me touche. Merci à Reverrance pour le partage !
Il y a des sonorités qui me plaisent et de jolies trouvailles.

Abus

Fl_54

fleche

Par Laurent H | il y a 8 mois

j'aime ENORMEMENT !

Abus

Bonnisseur_de_la_bath_54

fleche

Par Wen | il y a 8 mois

Merci Rev' pour le partage. Ça faisait un bail que des phrases ne m'avaient pas questionné autant.
Mention spéciale : "...ma douce solitude qui me dicte, m'addicte, et me couche sur le kaolin de ma pale vérité."

Abus

Couv_30_avril_54

fleche

Par C.A.L | il y a 3 mois

j'ai retrouvé l'expression de l'addiction à l'écriture. Bonne idée !

Abus

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