Gigolo
Je suis un gus, couvert de tunes
Gigolo à petite semaine
J’ai des gourmettes, des boutons d’or
Bagouses clinquantes à chaque doigt
Sur les boulevards je déambule
Au volant de ma Chevrolet
Reybannes au front, poitrail ouvert
Je prends bien soin de mon bronzage
J’ai 25 ans, je sais rien faire
Je n’ai que ma gueule à offrir
Déjà pas mal, direz-vous,
Il faut de tout pour faire un monde
Mes potes m’appellent le bluffeur
J’ai un petit don pour les fredaines
Pour amuser la société,
De la Haute, suis considéré
On me convie aux vernissages
Aéropages de salons
Mon baratin séduit les dames
Des fois c’est moi qui donne le ton
Y’a des minettes à ma pogne
Qui croient en moi, et à mon pèze
Elles bossent pour moi rien à redire
Escaladeuses de braguettes
Faut dire çà demande de l’attention
De l’élégance, de la patience
Choisir ses mots, ses réparties
Séduire c’est une vocation
Maquereau qu’ils disent mes détracteurs
Ce n’est pas beau la jalousie
Sont bien contents que je leur trouve
Une poulette pour la nuit
Intermittent de la voltige
Dans l’art de s’envoyer en l’air
Quand t’as le fric, t’as tous les droits
C’est un métier, faut du talent
Simple julot, au casse-croûte
J’ai mes réseaux dans la flicaille
Me foutent la paix dans mon turbin
Car un service en vaut un autre
Si t’as un job à proposer
Un qui paie mieux çà va sans dire
Je suis ton homme, ton obligé
Pour le RMI frappe à côté
A mon curriculum vitae
Vous pouvez rajouter flambeur
Pour s’enrichir, faut investir
Etre branché, bien présenter
Y’a des mémés bien esseulées
Qui jouent aux dames à la Coupole
J’offre mes services pour consoler
Leurs états d’âme, leurs nostalgies
Moi je connais ma partition
Je leur joue les violons du bal
Toutes heureuses tombent dans le panneau
Elles me comblent de cadeaux
Pour une caresse sur la joue
Un bisou tendre va au dodo
Je le promets je reviendrai
Marchand de sable est passé
Je suis nanti, roi du pétrole
Je carbure même sans vergogne
Comme une bonne sœur, aide sociale
Suis l’Abbé Pierre des cœurs blessés
On m’a prévenu, çà dure qu’un temps
On est nombreux sur le marché
Moi je fais mes quatre voluptés
Un humaniste de la chair
A ma façon je suis utile
Même que çà demande des sacrifices
Faut du pognon pour s’implanter
« ma petite entreprise, ne craint pas la crise »*
*hommage à mon regretté Bashung
JC Blanc février 2012
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