J'aimais déjà Andreï Makine avant de lire "La vie d'un homme inconnu" mais je n'avais encore rien vu car ce roman-là est d'une beauté époustouflante. Le talent d'Andreï Makine se manifeste à la fois dans sa peinture des lieux et dans sa pénétration de l'âme humaine. Il dépose les mots sur le papier comme le peintre ajoute le blanc au bleu du ciel pour lui donner de la profondeur. La force de son récit est de nous plonger dans une époque dont on nous a parlé en cours d'histoire mais dont nous ne connaissons pas toute l'horreur : le siège de Léningrad de 1941 à 1944 et les purges staliniennes qui ont suivi la guerre.
Je vous entends d'ici vous demander pourquoi je vous conseille un livre si triste. Parce que ce roman, finalement, ne parle que d'amour : l'amour qui recouvre tout de douceur, l'amour qui ne connaît ni les limites du temps ni celles de l'espace. Vous serez profondément touchés, ce roman vous arrachera probablement quelques larmes mais vous n'en retiendrez que le message principal, ce qu'au fond, nous savons tous : seul l'amour compte. Andreï Makine ajoute une touche de lumière à chaque événement tragique, à chaque épreuve que ses héros traversent. On sent derrière chaque mot l'amour de la vie, de la nature et des hommes. Makine est un poète, un magicien des mots.
Je ne vous raconterai pas l'histoire, cela serait gâcher votre plaisir et trahir l’auteur mais sachez simplement que le héros est un homme en exil, perdu et malheureux. Il ne sait pas vivre, il est comme enfermé à l'intérieur de lui-même. Peu à peu, Makine, en le faisant rencontrer ce vieil homme mystérieux, lui redonne du souffle. Le héros est transformé et nous aussi.
Pour vous en convaincre, voici quelques mots extraits du roman : « Une forêt d'hiver, une femme dans un sentier bruni par le feuillage déchu, la douleur qui devient joie à chaque pas dans l'enfilade brumeuse des arbres. »
Je repense souvent à ce roman, au message que l’auteur a délicatement déposé entre les lignes. Il me donne de l’espoir. Et, maintenant, chaque fois que je regarde les étoiles, j’y pense aussi. Pourquoi ? Je vous laisse le découvrir dans ce œuvre magistrale.
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