Le but de notre époque matérialiste est d'étancher les rince-doigts.

Société - Pensée

samuel2629 - Ajouté le 04/02/2012 à 20:25

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    Pourquoi est-ce que j’écris ? Et surtout qu’est-ce que j’écris ?
    A vrai dire, je n’en sais absolument rien ; un journal intime ? Non pff trop féministe comme concept ! Mes mémoires ? Non trop jeune. Alors quoi ?

    Aucune idée, disons que cela n’a pas de nom, après tout, pourquoi faudrait-il que tout ait un nom ? Le paradoxe de l’inexprimable est bien connu, (tout droit sorti de mon imagination il y’a 15 secondes maintenant, enfin 16, 17, 18…), qui prône que certaines choses sont trop fortes pour être qualifier avec des mots  ne pouvant restituer le fond d’une pensée - « Je n’ai pas de mots pour exprimer à quel point je t’aime… ». Alors admettons que nous soyons ici dans cette configuration.
    Je ne sais même pas ce que je vais raconter, est ce que je vais parler de moi, ou alors parler de ce que je pense du monde ? Est-ce que je dois me révolté piteusement devant mon écran sur la société et ses codes ? Ou au contraire me laisser aller à la libre écriture ?
    Tout ça fait beaucoup de questions et peu de réponses, c’est pourquoi je pense, que je vais commencer par dire de la merde et puis je progresserai en disant… toujours plus de merde.
    Une phrase me tracasse, je ne sais pas pourquoi, pourtant je lis pas mal et je brasse des citations mais celle-là s’accroche à mon cerveau et vient me triturer constamment comme une de ces échardes a la con qui vous pourrisse une journée qui avait pourtant bien commencé. Mcallister a dit : « Montre-moi cœur affranchi du fardeau des rêves et je te dirais voici un homme libre ». En clair no dreams = no problemo (oui je sais, j’ai une grande culture linguistique)  Je pense que toute notre vie tourne autour de ça. Pour moi, il existe 3 types de personnes, ceux qui attendent tout de la vie et plus encore, jusqu’à en sucée la moelle (comme ces jeunes dans le cercle des poètes disparus),il y’a ceux qui n’attendent rien, parce que rien n’est plus beau que de ne rien désirer ou alors par peur de l’échec ils préfèrent se conforter dans le malheur ( le malheur est simple c’est un état de laisser aller, alors que le bonheur est une lutte continuel) , et enfin il y’a ceux qui jonglent, pensant que on doit attendre certaines choses de la vie mais savoir se contenter parfois et arrêter d’espérer.
    Quelle conception est la meilleure me direz-vous ?
    Aucune idée, vous répondrai je.
    Tout simplement parce qu’il s’agit-là de la conception de chacun de la vie, est-elle faite uniquement de biens à acquérir et de possession à contracter, ou alors est-elle plus que ça, y’a-t-il une prédominance du sentiment, du ressentit, du vécu ?
    En réalité le plus grand nombre d’entre nous se trouve dans la 3e catégorie, car il faut bien le reconnaitre, très peu sont ceux qui donnerai leur vie pour le matériel, y compris femme et enfants (même si ça existe, bien entendu …) mais d’autre part, très peu sont ceux qui lâcherai tout pour partir à l’inconnu, pour explorer le monde et explorer leur propre monde. Au final que ce soit par peur d’être seul pour l’un ou par manque de courage et d’envie pour l’autre, nous nous retrouvons coincé dans une vie dictée par la société, qui est, reconnaissons-le, totalement pitoyable.
    Alors oui bien sûr, si un jour quelqu’un venait à lire ça, il se dirait probablement que je vois trop de film, que je suis un idéaliste etc… Je conçois que j’ai une vision des choses particulières, mais arrêtons-nous un seul instant sur la vie menée par bien des gens : Réveil – Travail – Maison – Dispute et/ou Sexe – Dodo – Réveil – Travail – Maison – Si Sexe la veille alors Dispute aujourd’hui et si Dispute la veille alors Dispute et/ou sexe aujourd’hui – Dodo – Réveil…
    Vous avez compris le système, ah oui ! J’oubliais, agrémentons ça de quelques codifications sociales, comme des amis de temps en temps ou des restos, des enfants qui réclament leur dû comme si tout leur revenait de droit et que les parents ne pouvait s’y opposer et en gros, voilà à quoi ressemble la vie de beaucoup de gens, de trop de gens .Mais je n’ai pas le talent pour bien exprimer ces choses alors je préfère laisser un écrivain que j’admire le dire pour moi, Frédéric Beigbeder : Il se souvient de la fameuse histoire du rince-doigts, qu'on attribue tantôt au général de Gaulle, tantôt à la reine Victoria. Un roi africain, reçu très cérémonieusement au palais, avait bu l'eau de son rince-doigts à la fin du repas officiel. Par diplomatie, le chef de l'État réceptionnaire avait aussi porté le récipient à ses lèvres et l'avait entièrement vidé, sans broncher. Tous les invités présents en avaient fait autant. Cette anecdote lui paraît une parabole de notre temps. Nous menons tous des vies  absurdes, grotesques et dérisoires, mais comme nous les menons tous en même temps, nous finissons par les trouver normales. Il faut aller à l'école au lieu de faire du sport, puis à la fac au lieu de faire le tour du monde, puis chercher un boulot au lieu d'en trouver un...Puisque tout le monde fait pareil, les apparences sont sauves. Le but de notre époque matérialiste est d'étancher les rince-doigts.
    Le but de notre époque matérialiste est d’étancher les rince-doigts, cette phrase devrait être l’emblème de notre ère. On ne sait pas d’où on vient, ni ou on va, on ne sait pas ce qui nous attend après ; un jugement céleste ? Un sommeil éternel ? Une transformation en fantôme qui errera dans les rues ? Personne avec une certitude inébranlable peut l’affirmer, alors pourquoi, pourquoi est-ce que le monde se borne à vivre pour mourir ? On vit dans le seul but de mourir, depuis notre plus jeune Age on va à l’école pour pouvoir apprendre un métier  puis travailler pour payer crédits  et impôts tout en mettant de l’argent de cote pour notre retraite pour pouvoir crever sans se faire des soucis… Je m’étonne de constater qu’il n’y ait pas plus d’anticonformisme, comment est-ce que tant de gens peuvent-ils vivre ainsi ? En réalité je connais la réponse, mais celle-ci est encore plus effrayante.
    Alors quoi ? Voilà la réponse. Alors quoi, qu’est-ce que tu proposes ? Toi qui est si malin, qui a la critique facile, dis-nous !
    En effet, la réponse reste problématique, le monde est aujourd’hui une de ces rames de RER qui nécessite un ticket pour pouvoir accéder au métro, tel l’argent qui nous permet d’accéder au monde, alors oui prôné le ressenti et l’émotionnel est bien beau mais on ne peut en vivre, comme on ne peut survivre en faisant le tour du monde avec son baluchon (et oui le petit bonhomme que l’on voit partir dans les dessins animés avec son baluchon : des conneries ! Vous ne me croyez pas ? Attendez que je vous raconte celle sur le père noël…)
    « Je sais bien ce que je fuis, mais non pas ce que je cherche… » Montaigne.
    Tout se résume à cette phrase, se conformé à la société devrait et doit (j’espère) être une idée non attirante cependant à défaut de mieux on se contente de moins… 

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