Le Pique-Nique de Fafinette

Jeunesse - Nouvelle

Fleur Claireux - Ajouté le 06/11/2011 à 17:48

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    LE PIQUE-NIQUE DE FAFINETTE

     

    Par un beau soleil de Pâques, la petite Fafinette, haute comme 6 pommes, sillonnait les coins du jardin explorant les parterres de fleurs, les buissons, les branches d’arbres et surtout la longue étendue d’herbe fraîchement tondue par Papounet. Oui, Fafinette cherchait poule aux œufs d’or en chocolat pour son pique-nique !!

     

    Une fois les œufs tous réunis, elle les disposa soigneusement dans son panier .Elle chercha un petit coin mi-ombre mi-soleil pour se poser, sortit sa nappe bleue à pâquerette géante et surtout disposa sa nouvelle dinette !!

     « Qu’il fait bon vivre, n’est-ce pas Justine? » Dit-elle, s’adressant à sa poupée qui avait la tête penchée.

     

    Tout en faisant semblant de verser du thé accompagné d’œufs en chocolat, de feuilles et de cailloux en guise de sucre, elle entendit des petits « piou-piou» qui accompagnaient sa voix chantante.

    Tiens ! pensa t’elle, quelqu’un s’invite au Pique-nique ?…

    Elle regarda tout autour d’elle, les yeux grandement écarquillés ! Elle ne vit rien.

    Et puis « Ohhhhhhhhhhhhh…. » S’exclama-t-elle…

    Un petit oisillon était posé près d’elle. Elle ne l’avait pas vu sur la nappe tellement il y avait de choses !

      « C’est extra, il tombe à pique pour participer à mon pique-nique » Se dit-elle.

     

    Oui, c’était vraiment extraordinaire pour la petite Fafinette ! Elle qui rêvait d’un petit animal domestique .Elle n’en croyait pas ses yeux ! Il était  posé là telle une fleur, à l’échelle de sa Dinette ! L’invité idéal !

     

    Le petit oisillon, bec dans la tasse, la regardait les yeux ahuris et les poils ébouriffés, il était tout gris avec un peu de jaune! Il cherchait, préoccupé, à se faire un petit nid douillet dans la tasse à thé.

    « Hi hi, je vais t’appeler « Spoon» Rigola Fafinette.

    Oui, maintenant il se tournait dans la tasse comme une cuillère. Il n’arrivait pas à s’arrêter, les pattes et la tête ressortis au dehors, un air songeur et dépassé.

    Elle le pinça de son petit doigt pour l’attraper et le blottit contre elle pendant qu’il cherchait à se cramponner à ses nattes, petites griffes sortantes.

     

    C’était un petit Chardonneret qui était tombé de son nid. La branche de l’arbre n’était pas haute et les autres branches avaient heureusement esquivé sa chute.

     

    Fafinette leva la tête : « Ta maman et tes frères et sœurs ne doivent pas être loin ! »

    Elle tira tellement haut  sur sa nuque qu’elle renvoya la tête en arrière et tomba sur le parterre de fleurs…

    « Haha, on était fait pour se rencontrer, maladroits tous les deux, mais la chance est avec nous ! pensa-t-elle très fort.

    Pioupiou »fit Spoon tout secoué à nouveau.

    Ne voyant pas la maman oiseau, elle décida naturellement qu’elle serait sa nouvelle maman et qu’elle le logerait bien confortablement qui plus est !

     

    Son père passait l’arrosoir non loin de là mais il n’avait rien entendu. Il sourit juste quand il vit sa petite fille se précipiter à pas de velours dans la maison. Il adorait sa petite Fafinette pleine de surprise. Il savait qu’elle avait toujours plein d’idées et d’imagination en tête, mais il était loin d’imaginer qu’elle avait un oisillon dans ses mains.

    Arrivée dans sa chambre, elle veilla à bien fermer la porte. Elle s’empressa de trouver refuge à son petit Spoon. Son regard fit le tour de la pièce et de ses jouets.

    Un peu plus tard, son papa frappa à la porte.

    « Fafinette, viens ranger ta dinette dehors, s’il-te-plaît ? Sinon je vais finir par l’arroser ! Rigola son Papa.

    - Attends Papa, je joue ! répondit-elle.

    -Pioupiou !, dit Spoon.

    -Qu’est ce que tu as dis Fafinette ? Ouvres-moi ta porte ! » S’étonna-t-il.

    Elle lui ouvrit la porte précipitamment. Il observa sa fille en train de jouer devant la petite maison en bois qu’il lui avait fabriqué. Il trouva cela  étonnant car elle n’y jouait plus depuis longtemps.

    Il s’approcha car il adorait l’observer dans son monde enchanté de petite fille.

    « Pioupiou ! Piailla Spoon.

    -Mais…qu’est-ce que…bégaya son Papa.

    Fafinette se leva !  

    - Et oui Papa ! Je fais déjà le ménage dans la petite maison en bois, alors je ne peux pas être partout ! Je laverai la vaisselle de dinette plus tard ! Tu vois maintenant que je suis Maman en plus ! Le petit n’arrête pas de piailler… »

    Gérald, son papa, s’interrogea et dirigea ses yeux vers le grenier de la petite maison en bois. Fafinette y avait déposé une mini couverture avec un peu d’eau à côté. Quelque chose gigotait là-dessous.

    «Fafinette ! Qu’as-tu rapporté ? Ce n’est pas possible enfin ! Gronda son papa.

    - Mais Papounet, ce petit oisillon n’avait plus de maman alors je me suis dit que c’était à mon tour d’être sa Maman ! Non ? Pourquoi ? C’est trop tôt tu crois ? Aussi, j’ai  un projet : on lui achètera une belle cage à oiseau qui fera au moins la taille de la cuisine !!Oh dis oui Papa, je peux le garder, il est si mignon. »Jubila-t-elle en parlant d’une traite, souffle coupé.

    Dépassé, Gérald ne sut que répondre sur le moment :

    « Mais il a déjà une maman ! Elle doit le chercher d’ailleurs, et puis il a sûrement des frères et sœurs ! Viens, on va aller voir sa famille ! »

    « Mais c’est lui qui est venu vers moi !!Il est bien avec moi… »Ronchonna-t-elle.

    « Oui pour l’instant, mais si tu le gardes il peut s’affaiblir. Il a un besoin vital d’être auprès des siens. Il est très fragile et a besoin d’être bien nourri ! Et toi tu es tellement distraite, tu pourrais le faire tomber ou le perdre par mégarde...Tu vois ? »

    Résolue, Fafinette regarda son petit trésor, déçue…

    « En tout cas, quand il sera grand et en forme il pourra me dire bonjour ? Lorsque  ce sera l’heure du goûter dans le jardin? »

    - On verra bien, peut-être qui sait ? »Répondit-il, « décidément trop terre à terre comme la plupart des adultes qui ont oublié de rêver ».

    Il l’accompagna au pied de l’arbre et de son air renfrogné, Fafinette cacha sa tête dans les bras de son papa pendant qu’elle lui tendit Spoon.

    Soudainement elle dit :

    -« Oh papounet, j’ai une idée ! Et si on lui mettait un ruban bleu au cou avec son nom, Comme ça, on le reconnaîtra quand il sera plus grand… »

    Son papa sourit.

    Un mois plus tard, en plein milieu de l’après-midi, Fafinette, habillée de sa belle robe bleue, pique-niquait en compagnie de ses poupées Justine et Bettina. Elle versait des graines d’oiseaux dans l’une des tasses.

    Soudain, un bel oiseau au pelage noir, rouge, jaune et blanc, se posa sur la dinette. Fafinette ne bougea pas ; surprise les grands yeux ouverts, elle se rapprocha doucement.

    Les oiseaux chantaient, Fafinette sautillait de joie sur sa pâquerette géante et elle souriait avec béatitude et réconfort !

    En effet, l’oiseau s’était mis la tête dans la tasse n’arrivant plus à s’en défaire. Il sortit tout ébouriffé, un air songeur et dépassé et repartit faire sa vie. C’était lui, même si il n’avait plus son ruban bleu. C’était lui, elle en était persuadée dans son cœur d’enfant et rien ne lui ferait penser autrement tellement son bonheur était grand!

    C’était Spoon. Elle le savait même si tous les chardonnerets se ressemblent, elle avait eu le cœur d’une mère pour lui.

     

                                                                                            Fleur CLAIREUX.

     

                                                                                            Novembre 2007

     

     

    Je remercie ma petite Sybille, pleine de vie, qui m’a inspiré cette histoire !

Tags :Oiseau, Petite fille, Amitié, Fantaisie d'aimer

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