Dehors il faisait chaud .C'était une belle journée d’été, un peu comme toutes les autres .Les enfants jouaient dans les rues, insouciants, innocents. J’ai croisé Mady, notre voisine. Elle m'a salué .J'ai eu honte .Je ne voulais pas te le dire mais j'ai eu honte .Je ne voulais pas, mais je dois te le dire .J'ai eu honte. Chaque fois que je croise des gens qui nous ont connus j'ai le cœur au bord des lèvres .J'ai peur de leur regard .Plus encore j'ai peur de ce qu'ils pensent .De ce qu'ils se disent .Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai dut me battre. Avec les poings .Les pieds. Avec le cœur .La haine .Toujours plus fort. Quelquefois j'ai peur de ne pas pouvoir m'arrêter de cogner .J'ai peur de tuer .Je ne supporte plus leur messe basses, ni leurs regards compatissants. Leur hypocrisie .C'est trop dur. Moi dehors et toi dedans, et c'est moi qui suis le moins fort. La colère ne me quitte jamais. La tristesse est un parasite qui s'accroche à mes paupières, les alourdit, les fatiguent. J’en ai marre. Je veux qu'on sorte de tout ça .Ca me détruit .Il faut qu'on en sorte .Te savoir dans cette endroit me donne des migraines. Imaginer le reste .Je ne peux même pas en parler .Ni l'écrire. C’est là bloqué en moi .Le malaise. Permanent .Pardonne moi ma faiblesse. Parfois j'ai envie de partir .Je te l’avoue, j'ai envie de prendre notre fille et de m'en aller loin de tout ça .Je vais jusqu'à acheter un billet de train, un jour je suis même arrivé sur le quai. Je n’ai pas réussi. Je ne peux pas te quitter, je ne peux pas te rejoindre.
Puisque je t’aime je suis prisonnier de cette vitre de verre qui nous sépare. Ma liberté c’est toi, je ne peux pas t’atteindre.
Je t’aime .A en mourir. C’est un cri du cœur .Pardonne moi d’écrire ces mots.
Tu n’es pas folle, je le sais, tu es juste un peu perturbée, je t’attends.
Et n’oublie pas. Malgré tout, je t’aime.
"Peut-être que dans un moment de lucidité elle comprendra. Pense-t-il, «Non.» il jette la lettre à la poubelle, le cœur lourd. Dans la corbeille, des lettres, des dizaines, des centaines, criantes d'amour de faiblesse et de désespoir.
Commentaires (12)
Par Enki | il y a 4 mois
Merci pour ce texte très fort
Abus
Par SallyHelliot | il y a 4 mois
difficile mais fort... très fort même.
Merci Hajar...
Abus
Par koukie | il y a 4 mois
Tu m'as émue, touchée de plein fouet. Merci. coup de coeur
Abus
Par yan | il y a 4 mois
Sans voix! CDC
Abus
Par tendresse | il y a 4 mois
Poignant. Il y a déjà tous les coeurs ; je ne peux qu'ajouter : GROS coup de coeur !
Abus
Par Mystéria / Karine | il y a 4 mois
je ne sais pas quoi dire. j'ai relu deux fois pour être sûre d'avoir compris. j'en ai eu les larmes aux yeux. une des plus belles déclarations d'amour que j'ai jamais lue.
CDC, énorme CDC! et bravo!
Abus
Par franek | il y a 4 mois
les amours malheureuses donnent les textes les plus forts ,magnifique cdc
Abus
Par Ysa | il y a 4 mois
Peut-être qu'un jour une de ces lettres partira... c'est un texte très fort. Merci!
Abus
Par théorème | il y a 4 mois
Texte fort, coup de poing pour un coup de coeur ! L'autre que l'on aime est notre maison, même si...
Abus
Par OserLesMots | il y a 4 mois
Très fort !!!Quand d'amour il est question, malgré tout on surmonte les murmures, les bruits du dehors...et on s'aime.
J'aime !!!!
Abus
Par reader | il y a 3 mois
C'est très rapide, très fort, très spontané. Ta main précède parfois ta pensée - et c'est très bien comme ça. Ecoute ce qu'il y'a en toi et laisse les mots sortir et nous surprendre...
Abus
Par Amaury Blanc (16Ans) | il y a 3 mois
Très beau texte ! Merci...
Abus