Souvenirs des Charmes et des Vipères

Souvenir - Pensée

Lézard des Dunes - Ajouté le 31/01/2012 à 11:55

Lire

Noter

82 lectures


Loading

     

     

    La solitude, la maitresse de mes premiers instants. Deviens, au fil des jours, mon ennemie.

     

    Pourquoi ? Parce que je sens que sa compagnie est maintenant, et ce plus que jamais, hantée par les voix glacées des fantômes aux chairs douces et sensuelles.

     

    Malgré tous les échecs, toutes les déceptions, toute la rage et la haine, toutes les trahisons, tous les couteaux pressés sous la glotte, toutes les vagues d'eau salée qui brûlaient la gorge...

     

    Mon esprit, mon corps, mon âme, se rappellent, encore.

     

    Ils se rappellent l'abime mystique des pupilles douces cernées de longs cils noirs.

    Ils se rappellent de la pulpe sucrée de ces lèvres soulignées d'un sourire tendre.

    Ils se rappellent ces chevelures longues, ondulées, brunes, blondes ou courtes, comme des centaines de serres saisissant le regard.

    Ils se rappellent de ces colliers, de ces bagues et de ces bracelets qui cliquetaient, négligemment. Attirant l'attention sur des mains douces et fines, sur la chute innocente d'un décolleté.

    Ils se rappellent les parfums de fleurs, les encens, et l'odeur de ces peaux de pêches qui leur collaient au corps et qui s'agrippaient maintenant à l'âpreté de mes souvenirs.

    Ils se rappellent de ces doigts, qui se serraient autour des miens.

    Ils se rappellent de ces bras de grâce, nus, de ses épaules dévoilées, de ces nuques complices qui se laissaient descendre jusqu'à la courbure esthétiquement érotique de ces reins.

    Ils se rappellent les chants et les souffles saccadés, les gémissements d'aises tentés de satisfaction. Ils se rappellent comment mes mains parcouraient attention les dunes sacrés de ces corps. Ils se rappellent les moindres mouvements de la symphonie, les moindres pas de danses où les regards, qui dans le geste, se passaient de mots.

    Ils se rappellent des moindres soubresauts de hanches, le moindre soulèvement de poitrine, le moindre frissonnement.

     

    Ils se rappellent; Et forcé, je me souviens.

     

    C'est dans ce genre de moment, que le Solitude, jalouse et perverse parmi d'autres, m'interroge, sourire en coin:

     

    « Alors, à quoi penses-tu, Gamin ? »

     

    Je la regarde, fronce les sourcils, puis détourne la tête. J'enlève la plume encore maculée d'encre que je tenais entre mes lèvres avant de répondre, d'une voix plus sèche que d'habitude.

     

    « A Rien... »

     

     

    Signé Lézard des Dunes © 2012

Tags :Souvenirs, Femmes, Solitude, Amertume

Musiques liées

Aucune chanson liée.

Photos liées

Vidéos liées

Aucune vidéo liée.

Commentaires (1)

Jazz_54

fleche

Par le destructor | il y a 4 mois

pas mal du tout !! belle écriture

Abus

Son profil

Ses autres textes