Tels qu’ils dorment.

Souvenir - Poème

aldebreme - Ajouté le 17/03/2012 à 17:37

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    Où sont-ils ? Que disent-elles ?

    Voient-ils en nous comme nous les avons vus ?

    Femme, homme ou demoiselle,

    Ils connaissent les champs, la ville, la rue.

     

    Le chemin que les feuilles

    Quelques jours empruntent. Que la pluie claque.

    Qu’en plein vent, elle cueille

    Et qu’une main pose dans la flaque.

     

    Aux fétuques, l’argent.

    Aux toiles des épeires, l’étain tout chaud

    Qui perle froid mais ardent

    Et qu’un rayon trahit l’attrape-nigaud.

     

    Il vient à l’impromptu,

    Se farde de l’instant, s’habille de frusques

    Et le temps si rompu

    Le cueille de douceur en un geste brusque.

     

    D’un mot à un sourire,

    Il extirpe l’essence, laisse l’empreinte.

    D’une larme circonscrire

    Ce feu. Il excuse les amours enfreintes.

     

    Et pris dans la poussière,

    Avec toute l’énergie du décharné,

    Dans une matinière

    Ou dans une  brise réincarné,

     

    Il hésite. Se décide

    Enfin. Et chacun, doux, le discerne

    Et lui, il trépide

    Dans le vent si corsé des galernes.

     

    Où dort-il ? Que fait-il

    Tout droit éjecté d’un lance-pierres ?

    Ou bien terne ou groisil,

    Ou bien fil plus sûr que l’étau d’un lierre ;

     

    Il est là abrité.

    Profond, précieux  même sans convenir

    Et dans l’obscurité,

    Il dit enfin son nom ; le souvenir.

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