Un nouveau jour

Fiction - Nouvelle

Mystéria / Karine - Ajouté le 29/06/2012 à 21:31

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    Un nouveau jour

    Nouvelle à quatre mains avec W. Tinchant.

     

     

    Je m'appelle Jérôme Starinsky.

    J’ai 32 ans. Je suis marié à Isabelle, fille du riche magnat industriel Arthur Tercovik et le papa, comblé de bonheur, d’une petite rousse : Julie, le parfait reflet de la beauté de sa maman.

    Je suis également président directeur général d’ATERC Industrie, une société spécialisée en recherche et développement dans le domaine pétrolier.

    Loin d'être imbu de ma personne, je suis cependant assez fier de ma réussite professionnelle. La fulgurante ascension d'ATERC Industrie, passant du stade de société anonyme à celui de leader mondial incontesté et reconnu, m’a projeté sur le devant de la scène spécialisée, jusqu’à la surmédiatisation : les journalistes étant unanimes pour m’attribuer le mérite de cette réussite, j’ai été jusqu’à faire la couverture du Times, lequel m’a attribué le titre d’“homme de l’année”.

    Mais depuis quelques temps, à force de me consacrer uniquement à mon travail, j’ai délaissé ma famille et surtout mon couple, en cumulant absences, retards, décalages et autres tensions. Isabelle, mon épouse, a tiré le signal d’alarme, me prévenant qu’il était temps de faire une pause, de souffler, de voir autre chose. Afin de me racheter de mon manque d’attention, je lui ai fait, lors d’un dîner en tête à tête, la surprise de lui offrir une seconde lune de miel.  La même destination que la première fois. Les Caraïbes, ou nous avions passé des moments inoubliables. Le bonheur a commencé là-bas et n’a jamais pris fin depuis.

     

    Pourtant en ouvrant les yeux, à cet instant précis, j'ai une drôle de sensation. Comme un mal-être. Une gêne. Un truc qui ne tourne pas rond. Le tout amplifié par un début de migraine.

    Je regarde autour de moi sans rien reconnaître de mon environnement habituel.

    Je repense à la soirée d'hier, bien trop arrosée, que mes collaborateurs et moi-même, avons organisé pour fêter la mise sur le marché de notre nouveau combustible. Nous possédons le brevet de fabrication et donc l'exclusivité de ce produit révolutionnaire. L’opération va nous rapporter un joli pactole pour les dix prochaines années et la notoriété sera au rendez-vous.

    Une petite heure de sommeil en plus et le malaise sera oublié. Et si cela ne passe pas, j'opterai pour une double dose d'aspirine et de café.

     

    En rouvrant les paupières, je devine déjà que je ne suis toujours pas chez moi. Je ne sais pas combien de temps j’ai dormi, mais ce qui est sûr, c'est que l'alcool n'est en rien le responsable.

    Je cherche à comprendre ce qui ne va pas.

    Je suis dans un endroit complètement inconnu, vide de tout objet. Une pièce sans porte, ni fenêtres, baignée par la pénombre. Les murs, le sol et le plafond sont recouverts d’une sorte de drapé.

    J'essaye de bouger mais mon corps ne répond pas à ma demande. Je suis engourdi. Le moindre effort m'épuise terriblement. Ma migraine n'a pas complètement disparu, mais commence doucement à s'atténuer, me laissant un peu de répit pour réfléchir.

    Où suis-je ? Quel est cet endroit étrange ? Pourquoi suis-je si fatigué ? L’angoisse m’étreint. Me serre le cœur. La situation n’est pas normale.

    Par exemple, pourquoi n’ai-je aucune notion du temps ? Je ne sais pas même pas si ce sont des heures ou des minutes qui passent. Je voudrais me fier à mon estomac mais je n’ai pas faim du tout. J’en conclus que le temps ne s'écoule peut-être pas aussi vite que je le pense.

    Au fur et à mesure de l’analyse de la situation, je réalise que je suis enfermé, non pas dans ce que je pensais être une pièce mais, dans une sorte de sac.

    Je ne sais ni pourquoi, ni comment je suis arrivé là, et j’ai énormément de mal à contrôler ma claustrophobie. Je ne comprends pas. J'essaye de me remémorer tout ce qui a bien pu se passer pour que je me retrouve dans cette situation. En essayant de rassembler mes souvenirs, je m'aperçois que ma mémoire a beaucoup de lacunes.

    En me concentrant, j’arrive à rassembler certains pans de ma vie : mon visage à la une des magazines. Les billets d’avion pour emmener Isabelle en voyage. La réunion du conseil d’administration destinée à prendre une décision sur... une décision importante, mais je ne m’en remémore plus le sujet. La soirée after-work un peu trop arrosée. Être reparti au volant de mon Audi. L’envie de rentrer pour retrouver mon épouse.

    Puis je me souviens de cette voiture en travers de la route. Une voiture rouge. Du coup de frein que j’ai dû mettre pour m’arrêter en catastrophe, le cœur battant. Et puis de deux hommes courant vers moi en criant, me dévisageant à travers la vitre, se cachant le visage de leurs mains, tirant comme des forcenés sur la portière pour m’extirper de l’habitacle.

    Je repasse dans ma tête, cent fois, les évènements de la soirée. C’est comme un film auquel on aurait supprimé des séquences.

    La voiture rouge, le freinage, les deux hommes et la violence de leurs gestes et... un autre souvenir refait surface. Alors que l’on me sortait de force de la voiture, un car est passé à faible allure. À travers une de ses vitres, je me rappelle clairement que mes yeux ont plongé dans ceux, immenses et d’un bleu incroyable d'une femme aux longs cheveux blonds. Un regard intense empreint d’une profonde tristesse. Je la fixais avec incompréhension lorsque, surpris, je vis des larmes couler sur ses joues. Puis plus rien. Le néant.

     

    Ça a-t-il un rapport avec ce qui m’arrive maintenant ? Je cherche toujours à comprendre quand soudain la conclusion devient limpide et m’apparaît évidente : rapt.

    Je suis victime d'un enlèvement. Probablement dans le but de me soutirer de l'argent, ou bien des renseignements capitaux sur ma société. Les interrogations se bousculent dans mon esprit.

    Si les magazines traitant des nouvelles technologies ont bien publié des articles mettant en avant l'enjeu financier résultant de notre nouveau carburant, aucune mention n’a été faite du profit que nous allions réaliser, ni même du capital qui serait le mien, grâce à l’acquisition de stock-options.

    Je détiens certains renseignements importants sur notre nouveau produit, mais est-ce que ça justifie un enlèvement ?

    Cette réflexion me fatigue terriblement et je m'assoupis de nouveau.

     

    À mon réveil, je me sens serré, de plus en plus à l’étroit. Oppressé. La peur grandit en moi. Je sens que tout ça n’est pas normal. La situation m’échappe et je ne suis pas un homme qui se laisse facilement surprendre. Cette impression d’enfermement est en train de me paralyser. Je dois réagir. Je tente de bouger un bras mais je suis si à l’étroit que je ne peux qu’à peine le déplier.

    Je reprends le fil de ma réflexion sur le mobile de ma séquestration. Essentiellement pour lutter contre cette claustrophobie qui menace de plus en plus de me faire basculer dans la folie.

    Je suis convaincu que le but est d’exiger une rançon de ma famille. Les ravisseurs ont certainement déjà contacté ma femme, Elysa...euh …non, Isab...je ne me rappelle plus.

    Soudain, un horrible doute m’assaille. M’ont-ils administré une drogue ? Une substance qui me rendrait apathique, voire amnésique ?

    J’ai l’impression que l’endroit où je suis retenu prisonnier diminue régulièrement de taille, semble plus étroit, plus petit à chacun de mes réveils. Ils ont sûrement l'intention de me faire craquer mentalement pour que je puisse leur fournir un renseignement essentiel.

    S’ils s’imaginent y arriver, ils se trompent, je vais leur donner du fil à retordre. Ils peuvent me torturer. De quelque manière que ce soit, ils n'obtiendront rien.

    Je m'agite de plus en plus, malgré cette entrave invisible qui semble me lier. Je bouge dans tous les sens, pestant intérieurement, donnant des coups de pied, quand je crois percevoir une voix lointaine, à l’extérieur, me demandant de me calmer un peu. Ils sont donc aux aguets ? En train de m'épier pour connaître mes réactions à chaque instant ? Mais qu’attendent-ils ?

    Malgré les micro-siestes que je fais régulièrement, je suis épuisé. Mais, paradoxalement, je sens que je reprends des forces.

    Décidément leur plan n’est pas au point, s’ils pensaient que j'allais tout déballer comme ça, moi, Jérôme Stre... Stra... père d'une petite fille, à moins que ce ne soit un garçon ? Travaillant chez…

    J'ignore pourquoi mes souvenirs disparaissent comme ça.

     

    En bougeant différemment, j'aperçois un cordon, une sorte de gros cathéter, inséré sous ma peau. J'essaye de l'arracher, mais en vain. À quoi sert-il ? En le détaillant, je m'aperçois avec effroi qu’un liquide circule à l'intérieur. Je comprends tout.

    Ils m'injectent une substance qui me met dans cet état végétatif ! Ils me droguent, cela ne fait plus aucun doute. D’ailleurs il me semble qu’au cours de la soirée, on m’a parlé d’expériences génétiques inédites réalisées sur des êtres humains dans des grands hôpitaux renommés.

    Je comprends qu’ils m’utilisent comme cobaye et veulent ponctionner tous mes souvenirs. Quel en est le but final ?

    La panique m'envahit. Je m'agite en tous sens, ce qui me permet de changer de position. J’ai réussi à me retourner. Mon espoir meurt vite en apercevant que la seule partie que je n'avais pu voir jusqu’à maintenant, est comme le reste de l’endroit, sans issue.

    Plus le temps avance plus l'enveloppe qui me retient se resserre autour de moi. La torture par claustrophobie est mise en place. Ils attendent le bon moment, celui où je hurlerai tout ce qu'ils veulent savoir.

    Jamais ! Je résisterai jusqu'au bout. Ils peuvent toujours m'injecter leur drogue qui me fait somnoler continuellement et me fait perdre toute notion de temps. Je ne parlerai jamais. De toute façon, mes souvenirs disparaissent. Une très belle femme souriante ? Un enfant aux yeux verts ? Qui sont-elles ? Qui suis-je ?

     

    Quand mes yeux s'ouvrent, je sais que c'est l'heure. Leur fichu poison a quasiment effacé ma mémoire. Plus aucuns souvenirs ne me permettent de me rappeler qui je suis. Mais je sais une chose : c’est le moment d'agir. Il n’est plus question que je reste à attendre. Je vais tout faire pour sortir de cet endroit, quitte à ce que ça me coûte la vie.

    Remuant, poussant à l’aide de mes jambes, je m’agite comme un forcené. À force de ténacité, j’arrive, de ma tête, à percer mon entrave, laissant passer un peu de lumière. J'ai, enfin, réussi. Et en continuant ainsi, je pourrai peut être parvenir à sortir.

    Je bouge à un rythme régulier. Mon espoir grandit en voyant l'ouverture s’élargir. Quand je juge le moment venu de tenter une sortie, j'hésite un instant. Je perçois des sons. Il y a des personnes de l’autre côté. Est-ce qu'ils m'attendent ? Vont-ils me tuer ou refaire sur moi une nouvelle expérience ? À moins qu’on soit venu me délivrer ? Je n'ai aucune réponse mais, quoi qu'il puisse arriver, je vais tenter ma chance.

    Je pousse de toutes mes forces. Ma tête commence à passer à travers l'ouverture. Au bout de trois efforts, j'aperçois une lumière violente qui me fait mal aux yeux, et il fait froid. Encore une petite pression et à moi la liberté. Je redonne une impulsion quand je sens des mains m'agripper pour me tirer. Je me dégage rapidement grâce à cette aide.

    Dans cette lumière vive, je vois le visage de mon sauveteur, mais je ne sais pas qui il est.

    J’ai froid. J’ai mal aux yeux. Une douleur me brûle de l'intérieur. Mes poumons me font souffrir.

    Trop de lumière, trop de bruit, pas assez de chaleur. J’ai mal. Dans tout mon corps.

    Je me mets à hurler. Ça fait sourire l'homme qui me tient.  Il me retourne, pour me montrer à une personne qui se trouve dans mon dos. Je continue de hurler. Ma vision est moins brouillée.

    Le visage de cette femme, son sourire, me semblent familiers. Ses grands yeux bleu turquoise, pleins de larmes, et ses longs cheveux blonds me rappellent…

    Je continue à hurler à pleins poumons mais l'homme me pose entre les bras de cette femme et je me sens soudain en sécurité. Comme si rien de mal ne pouvait plus jamais m’arriver. La tête posée contre sa poitrine chaude et rassurante, je suis bien. Apaisé, rassuré.

    Je décide d'arrêter de crier ma souffrance.

    L'homme, à ce moment-là, demande : « Comment va s'appeler cette magnifique petite fille ? »

    La femme lui répond aussitôt : « Julie ».

Tags :Quatre mains

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Commentaires (40)

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fleche

Par christinej | il y a 11 mois

tres beau texte, je ne sais pas si cela ce passe comme ca mais j'aimerai bravo

Abus

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fleche

Par Sugar | il y a 11 mois

J'adore ! C'est vraiment génial, j'ai pris énormément de plaisir a te lire, c'est vraiment bien ficelé, j'suis fan ! Cdc !

Abus

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fleche

Par Mystéria / Karine | il y a 11 mois

Christine, je te remercie. Nous, te remercions! on peut rêver, en effet, que ça se passe comme ça...

Sugar, ton enthousiasme me touche beaucoup! merci!

Abus

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fleche

Par Petit Corps Déçu | il y a 11 mois

très beau texte ;)

Abus

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fleche

Par Petit Corps Déçu | il y a 11 mois

très beau texte ;)

Abus

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fleche

Par Mystéria / Karine | il y a 11 mois

double merci, petit corps déçu!

Abus

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fleche

Par woody | il y a 11 mois

bravo à vous deux, original et bien mené... du rythme et de l'inventivité... vous m'avez bien eu... la réincarnation enfin expliquée aux enfants...merci !

Abus

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fleche

Par Mystéria / Karine | il y a 11 mois

merci beaucoup Woody! je suis contente que notre texte te plaise!

Abus

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fleche

Par Noun (Al Ana Fil'Mouthana) | il y a 11 mois

bravo, une intrigue bien construite et la fin et tellement inattendue. merci

Abus

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fleche

Par MICHELE HARDENNE | il y a 11 mois

Surprenant et bien imaginé. Bravo
CDC

Abus

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fleche

Par Alice Neixen | il y a 11 mois

Superbe! Surprenant, comme toujours avec toi :) Le genre à 4 mains te va si bien ! Tous les styles te correspondent, bravo!

Abus

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fleche

Par Mystéria / Karine | il y a 11 mois

Noun, merci beaucoup! l'intrigue est de Will, je tiens à le préciser!

Merci Michèle!

Alice, merci pour le compliment! je ne sais pas si tous les genres me correspondent mais je sais que j'ai beaucoup apprécié le travail à quatre mains avec Will!

Abus

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fleche

Par Mystéria / Karine | il y a 11 mois

Merci Mathieu pour ce commentaire élogieux! bises!

Abus

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Par NILO | il y a 11 mois

Superbe Karine ! Rondement bien mené, j'en ai le souffle coupé comme a ma naissance... Bravo à Will pour l'intrigue ! CDC

Abus

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fleche

Par will T. | il y a 11 mois

Un grand merci à tous mais surtout à Mys-K de s'etre preté au jeu pas si simple de partage de style d'ecriture et d'idées différentes.
Le bébé n'a pas voulu sortir avec facilité mais je le trouve très beau. Aura t-il un petit frere ?.. A suivre.

Abus

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fleche

Par Benoit | il y a 11 mois

inattendu! j'adore c'est très poignant

Abus

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fleche

Par Mystéria / Karine | il y a 11 mois

merci Nilo, ton commentaire me fait plaisir! ce texte, on l'a écrit ensemble et je suis heureuse qu'il te plaise!

Benoit, merci beaucoup!

Abus

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fleche

Par Mystéria / Karine | il y a 11 mois

Will, ce fut un vrai plaisir pour moi! sache-le!

Abus

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fleche

Par hermanoïde | il y a 11 mois

Ouh là ! Du grand art ! Remake parfait des "choses de la vie" avec en prime des prolongements inattendus. Boucle bouclée et bien léchée ! Merci.

Abus

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fleche

Par Mystéria / Karine | il y a 11 mois

merci à toi Hermano!

Abus

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