Déraison d'une ombre

Détresse - Poème

rudy soret - Ajouté le 05/02/2012 à 07:36

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    Déraison d'une ombre

     

    Je suis passé près du pont, dans l'onde

    J'ai vu les yeux, globuleux et sombres,

    Et ce nez plat et creux. Nul air n'en sort,

    La vie s'est tût. Mais il gît, puissant et mort,

    Sans opprobre devant Dieu. Et la nature vaincue

    Laisse ma raison seule et frêle.

    Ainsi nous-vois-je, Terreur, masque livide et austère,

    Dans tes yeux, le néant se borne

    Et le vide gluant s'épand et se pâme,

    Et plonge dans l'ombre un passant sans âme.

    Son cœur s'effondre, les maux des mots

    Sont une bête immonde que nulle plaie n'émeut.

    Ce double, visage obscur de la mare

    Où la peur se moire, se meut, se noie,

    Boit les eaux noires de mon destin.

    Sans haine ni vertu, à la diagonale du fou,

    Les pâles rayons de la Lune qui se tait,

    Défient le visqueux; elle se pare

    Sans ambages ni lustre de ses haillons brumeux

    Sous les limbes, les nuées et les flux douteux.

    Elle suit sans peine, et dans le froid qui hurle,

    Le dernier des hommes_ qui pleure.

    Astre luisant, sois pieux, sois clément,

    Il a perdu ses Dieux.

Tags :Dans la noirceur du doute

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