Ceux qui, bien qu'absents, vous emplissent
Et sont comme en vous certains soirs
Ceux-là qui jamais ne vieillissent
Au berceau de votre mémoire
Et qui sourient
Ceux dont les amours éternelles
Vous ont, à jamais, sur le cœur
Attaché une paire d'ailes
Qui sait le chemin du bonheur
Du Paradis
Et chaque hiver, et chaque été
Et chaque automne… Ô Désespoir !
Passent tous ceux qui m'ont aimé
Au caveau de mes idées noires
Où rien ne luit
Il semble qu'ils pleurent un peu
En souvenir de nos ivresses
Déposant des bouquets d'adieux
Au tombeau des belles promesses
Que j'ai trahies
Fidèles d'entre les fidèles
Ô Doucereuse Survivance !
Ceux qui font que la vie est belle
Ont quelque chose de l'enfance
Qui leur survit
Ils ont apprivoisé ma mort
Moi qui les ai tant fait souffrir
Ceux qui m'aimaient m'aiment encore
Et je n'ai plus rien à offrir
Qui ait un prix
Non ! Je n'ai plus rien à offrir…
Elle a tout pris !
Commentaires (23)
Par SallyHelliot | il y a plus d'un an
alors l'absence devient présence...
"au commencement de l'hiver", il y avait une douce présence...dans un tiroir à mémoire.
Merci Frédéric.
Abus
Par stef | il y a plus d'un an
Jolie scansion et belles images se marient avec bonheur sous le voile des frimas!
Abus
Par Frédéric Clément | il y a plus d'un an
Merci à toi SophieA, ma première.
Prends soin de ce tiroir, Sally, il est aussi précieux que son contenu.
Des images posées sur un tempo qui s'installe lentement... Comme l'hiver, stef, comme l'oubli.
Ne dit-on pas, tendresse, que le vrai talent est de savoir en trouver aux autres?
Abus
Par mesly | il y a plus d'un an
"Ils ont apprivoisé ma mort
Moi qui les ai tant fait souffrir
Ceux qui m'aimaient m'aiment encore
Et je n'ai plus rien à offrir"
j'aime particulièrement ce passage!
je sais bien que le " qui ait un prix" permet de "garder une cohérence" et / ou une structure dans le nombre de pieds etc. mais pour moi "Ils ont apprivoisé ma mort
Moi qui les ai tant fait souffrir
Ceux qui m'aimaient m'aiment encore
Et je n'ai plus rien à offrir" se suffit à lui seule! au diable (parfois) les conventions poétiques/ littéraires!
"Ceux qui m'aimaient m'aiment encore" .... Beau.
Abus
Par Carmen P. | il y a plus d'un an
Un rythme qui accompagne les maux du poète.
Un rythme qui borde et berce la douleur...la maintient au chaud, au doux, pour la transformer en quelque chose de beau qui durera.
Abus
Par Frédéric Clément | il y a plus d'un an
Commentaire qui me touche, Colette, et en rime pour couronner le plaisir!
Merci Valérie.
Une contrainte n'est pas une convention, mesly: "Et je n'ai plus rien à offrir" n'a pas assez de force pour l'image souhaitée. Car il nous reste toujours quelque chose à offrir, même dépouillé de tout. Mais n'avoir plus rien à offrir "qui ait un prix" à ses yeux à soi, et l'avouer, voilà atteint le comble de la douloureuse honnêteté amoureuse.
Enfin, chère Lisa, pourquoi diable laisserait-on entrer l'espoir?... Qu'il reste dehors!
Abus
Par Frédéric Clément | il y a plus d'un an
Ce qui est hors de prix, Anne, pas ce qui n'en a pas! ;-)
Abus
Par Pascal GERMANAUD | il y a plus d'un an
Du beau, du beau, du beau texte et les souvenirs qui nous préservent ! Bravo, Frédéric...coup de coeur !!!
Abus
Par Ysa | il y a plus d'un an
Offrir n'a aucun prix...juste la valeur du regard posé sur le cadeau.
Ouvrir les yeux et s'avouer que c'est juste douloureux...mais pas inexistant.
J'aime aussi.
Abus
Par Matou | il y a plus d'un an
A mon humble avis tu as déjà été bien plus percutant au niveau de la forme (dans "Tu Changes" par exemple), mais jolie mélancolie.
Abus
Par JB | il y a plus d'un an
Que dire qui ne l'ai déjà été...
Bravo pour ce magnifique texte Frédéric.
Eh bien ajouter un coeur tiens !
Abus
Par elsa saint hilaire | il y a plus d'un an
Je mets deux prénoms sur tes mots. Ceux qui ne me quittent pas au-delà de la tombe depuis ma naissance. je leur offre l'amour qu'ils ont déposé en moi. Merci Frédéric...
Abus
Par hel'écrit | il y a plus d'un an
Excellent et très touchant... Merci.
Abus
Par ellisabee | il y a plus d'un an
Toujours touchée par ta poésie, très beau poème.
Abus
Par Nephtalyah | il y a environ un an
Sa me fait penser aux poêtes romaniques qui expriment la mélancolie, nostalgie. .. T'es un tres bon poête
Abus