Sursis affectif

laura-sg

Tu mens. Je le sais et j’en souris, pour l’instant. Un jour j’en aurais marre, marre d’essayer de nous faire marcher, alors qu’on est amputé. Je prends sur moi promis, je garde les yeux mi-clos quand il faut, j’attends que ça passe mais je me lasse.

Alors dis-moi, fais-tu aussi semblant ou crois-tu vraiment, qu’on peut vivre à moitié ce qu’il reste de nos années, les savourer anyway, les prolonger ’til the end of the day ?

Que penses-tu qu’on gardera de nous et à quoi ressembleront nos adieux ? Nos adieux oui. Ils sont inévitables, tu le sais et j’en suis persuadée. On s’amuse juste à les repousser parce que je ne veux pas lâcher ta main et que tu crois avoir besoin de moi, de nous, de demain.

Tu me manques déjà alors que tu es encore là, souriant derrière ma fenêtre, comptant les gouttes de pluie comme autant de larmes que tu ne verseras pas.

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