Description
Il n’y a aucune évidence. Aucune image ni preuve. Aucun son. Il y a juste un corps qui se trimbale. Un corps chahuté malgré lui. Et dans ce corps, quelques millions de cellules, peau, muscles, os, fluides. Eau. Tous avec une tête qui charrie des insanités de la race humaine. Il parait qu’on reconnait une ville par le langage des corps qui y habitent. Par ce mouvement perpétuel qu’elle imprime dans nos muscles. Comme celui qui nous fait tanguer pendant des jours une fois revenus à terre. Mer. Enfin, les personnes comme moi, kinesthésiques. Les autres auraient surement remarqué l’implantation des immeubles et le va-et-vient de la lumière sur leurs murs crasseux. Certains n’auraient retenu que le grognement de la chaussée maltraitée sous les roues des voitures. Il a fallu que moi, ce soit le clapot. Sauf qu’à la place des vagues il y a une ville, et qu’à la place de la ville, il y a le corps des gens. Et je déteste les gens.
Education
Ingénieur et journaliste
Experience
Journalisme, pub, édition et web
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